Aujourd’hui encore, à peine plus d’un malade sur deux a accès aux traitements antirétroviraux.

Les progrès sont là mais ils ne sont pas suffisants si l’on veut espérer que les prochaines générations puissent connaître un monde sans sida. D’ici le 10 octobre, les chefs d’Etat des principaux pays donateurs annonceront leur contribution au Fonds mondial Sida, tuberculose et paludisme pour les trois prochaines années. La mobilisation de tous doit être un succès. 16 millions de vies sont en jeu.

Organisée à Lyon, le 10 octobre prochain, dans la foulée du sommet du G7 à Biarritz, la « Conférence de reconstitution » est une occasion unique de se mobiliser.

Les enjeux sont de taille. Depuis sa création en 2002, le Fonds mondial a contribué à sauver 27 millions de vies. Malgré cette bonne nouvelle, les grandes pandémies continuent d’être un des marqueurs les plus frappants des inégalités dans le monde.

L’objectif d’y mettre fin à l’horizon 2030 ne peut être atteint sans une accélération de la réponse internationale. La recrudescence récente des infections au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, en Europe de l’Est et en Asie centrale démontre que le maintien du niveau actuel des financements ne permettra non seulement pas de mettre fin à ces trois pandémies, ni même de les contenir, mais conduira au contraire à leur regain.

Afin d’accélérer le mouvement contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le Fonds mondial a évalué ses besoins de financement à 14 milliards de dollars pour les trois années à venir.

Créé en 2002 à l’initiative de la France, le Fonds mondial est un outil performant et rentable en termes de santé mondiale.

Il finance aujourd’hui 50% des traitements antirétroviraux disponibles dans le monde. En Namibie, il a permis de mettre en place un vaste programme d’accès aux traitements du VIH en 2010. Depuis, 88% des adultes et plus de 95% des enfants qui en ont besoin reçoivent un traitement. En Ouganda, son action a permis réduire de 65% le nombre de décès dus au sida et le nombre de nouvelles infections a été diminué de 28%.

Dans sa riposte contre l’épidémie de tuberculose, son action porte aussi ses fruits. Alors que la situation en Inde n’a pas d’équivalent dans le monde, les programmes financés par le Fonds mondial ont permis de réduire de 28% le nombre de décès dus à la tuberculose.

Enfin, contre le paludisme, et bien que l’Afrique de l’Ouest reste l’une des régions les plus endémiques, le Ghana, soutenu par le Fonds mondial, est parvenu à abaisser de 26% le nombre de décès entre 2000 et 2016.

A Solidarité Sida, nous sommes fiers du leadership de la France dans la lutte contre le sida.

Deuxième contributeur historique du Fonds mondial et organisateur de la Conférence de reconstitution à Lyon, la France a un rôle majeur à jouer dans la mobilisation internationale. Elle est en première ligne pour lever les 14 milliards nécessaires auprès des États les plus riches, notamment les membres du G7. À eux seuls, ces pays contribuent à hauteur de 72% des ressources du Fonds mondial. Face à la tentation de repli de certains pays donateurs, l’avenir du Fonds mondial s’inscrit en pointillés. La tâche s’annonce donc ardue.

La campagne « Des Médicaments Pour Tous / Treatment For All » a pour objectif de faire de la bataille contre les trois grandes pandémies du siècle une priorité pour la communauté internationale. De nombreuses personnalités françaises et internationales s’engagent à nos côtés pour faire monter le sujet à l’agenda médiatique et politique dans différents pays.